À l'entame de l'année 2026, les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger affichent une feuille de route commune au sein de la Confédération des États du Sahel (AES). Trois priorités structurent leur action : la sécurité, la souveraineté et la refondation de l'État. Cette ligne, martelée dans les capitales de l'Alliance, traduit la volonté des trois pays de présenter un front uni face à des défis qui dépassent largement leurs frontières respectives.
Une force conjointe désormais opérationnelle
L'avancée la plus visible de la coopération militaire au sein de l'AES réside dans la mise sur pied d'une force conjointe. Selon les éléments rendus publics, cette force réunirait environ 15 000 hommes, mutualisant les moyens des trois armées pour répondre à la menace des groupes armés actifs dans le Sahel central. Les autorités de l'Alliance présentent cet outil comme un instrument de coordination opérationnelle, destiné à combler les vides laissés par le retrait des dispositifs régionaux et internationaux antérieurs.
Une menace jihadiste qui ne faiblit pas
Malgré ces efforts, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Les analystes soulignent que rien n'indique, à ce stade, un essoufflement de la campagne jihadiste dans le Sahel central. L'insécurité continue d'affecter les principaux axes routiers, perturbant les déplacements, le commerce et l'approvisionnement de plusieurs localités. Au Burkina Faso, la persistance des attaques a contribué au déplacement d'une part importante de la population, illustrant l'ampleur humanitaire de la crise.
Une diplomatie offensive sur la scène internationale
Sur le plan diplomatique, la Confédération cherche à faire entendre sa voix dans les enceintes internationales. Le 20 mai 2026, devant le Conseil de sécurité des Nations unies, les représentants de l'AES ont réaffirmé leur détermination à assurer eux-mêmes la sécurité de leur espace. Ce positionnement s'inscrit dans une logique de souveraineté revendiquée, que les trois États placent au cœur de leur projet politique commun.
La consolidation de l'Alliance reste néanmoins suspendue à sa capacité à traduire ces ambitions en résultats concrets sur le terrain, dans un contexte où les besoins de protection des populations demeurent immenses.