La Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a clôturé fin mai 2026 à Niamey un forum de 72 heures consacré au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration (DDR) d'anciens membres de groupes armés. Une démarche présentée comme un levier de stabilisation, au moment où les autorités sahéliennes affirment livrer aussi une bataille sur le terrain de l'information.
La reddition pensée comme un outil de paix
Ouvert le 19 mai à Niamey, le forum a réuni acteurs institutionnels et spécialistes autour d'une conviction partagée : la reddition et la réintégration ne relèvent pas seulement d'une réponse humanitaire, mais constituent de véritables instruments de prévention de la récidive. L'objectif affiché est de restaurer les liens entre l'État, les communautés et les individus qui ont quitté les groupes armés, dans une logique de paix durable.
Une menace sécuritaire toujours vive
Ces efforts interviennent dans un contexte sécuritaire qui reste préoccupant. Le Sahel demeure l'épicentre mondial du terrorisme, concentrant une part majeure des décès liés à ce phénomène, avec la persistance des activités du JNIM, affilié à Al-Qaïda, et de l'État islamique au Sahel. La force conjointe de l'AES, portée à plusieurs milliers d'hommes, multiplie les opérations dans les zones les plus exposées.
Le front de l'information
Au-delà des armes, les responsables de l'Alliance estiment livrer une « guerre de l'information ». Le directeur de l'Agence d'information du Burkina a récemment dénoncé une image déformée de l'AES véhiculée par certains médias étrangers, susceptible selon lui de saper la confiance dans les politiques menées. Cette bataille de la communication illustre la volonté des juntes sahéliennes de maîtriser le récit autour de leur projet de souveraineté.