Le Nigérian Akinwumi Adesina, qui a dirigé la Banque africaine de développement pendant une décennie, s'apprête à entamer un nouveau chapitre de sa carrière. Le gouvernement du Botswana et le groupe De Beers ont annoncé sa nomination à la présidence du conseil d'administration du Diamonds for Development Fund, dont il sera le tout premier dirigeant.
Un véhicule pour diversifier l'économie
Le Botswana, premier producteur africain de diamants, cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance à une ressource dont les cours fluctuent au gré d'un marché mondial volatil. Le nouveau fonds est pensé comme un instrument financier capable de protéger l'économie nationale de ces à-coups, tout en orientant une partie des revenus diamantifères vers des secteurs porteurs de croissance durable. L'enjeu est de transformer une rente minière en investissements productifs au bénéfice des générations futures.
Une figure de l'expertise financière africaine
Le choix d'Adesina n'est pas anodin. Fort de près de quarante années consacrées au financement du développement sur le continent, l'économiste incarne une certaine idée de la souveraineté économique africaine. Sa prise de fonction est annoncée pour le 15 juin 2026. Sa notoriété et son réseau international pourraient aider le Botswana à attirer des partenaires et à crédibiliser un projet encore en cours de structuration.
Un pari sur l'après-diamant
La démarche du Botswana s'inscrit dans une réflexion plus large que mènent de nombreux pays africains riches en ressources : comment éviter le « piège » de la dépendance aux matières premières. En adossant ce fonds à un partenariat avec De Beers, Gaborone tente de concilier exploitation présente et préparation de l'avenir. Le succès du dispositif dépendra de sa gouvernance, de sa transparence et de sa capacité à financer une diversification réelle de l'économie.