La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la Confédération des États du Sahel (AES) multiplient les signaux de rapprochement. Portée par le Sénégal, le Togo et le Bénin, une diplomatie discrète tente de recoller les morceaux d'une région fracturée depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger.
Une diplomatie discrète mais active
Plusieurs canaux informels ont été ouverts ces dernières semaines pour maintenir le dialogue entre les deux ensembles. Dakar, Lomé et Porto-Novo jouent un rôle de passerelle, convaincus qu'une rupture définitive affaiblirait l'ensemble de l'espace ouest-africain face aux défis sécuritaires et économiques communs. Ces échanges restent prudents, sans calendrier officiel, mais témoignent d'une volonté partagée de ne pas fermer toutes les portes.
Le Sénégal en position centrale
Dakar apparaît comme l'acteur le mieux placé pour incarner cette médiation. Le pays disposerait de fortes chances d'obtenir la présidence en exercice de la CEDEAO, position qui, cumulée à la présidence de la Commission, en ferait un interlocuteur crédible pour les capitales du Sahel. Les liens historiques, culturels et économiques entre le Sénégal et ses voisins renforcent cette légitimité.
Des obstacles encore nombreux
Le chemin vers un rapprochement demeure semé d'embuches. Les États de l'AES ont fait de leur souveraineté et de leur autonomie stratégique une ligne directrice, tandis que la CEDEAO doit préserver sa cohérence institutionnelle. Les questions de libre circulation, de tarif extérieur commun et de coopération sécuritaire restent des points sensibles. Observateurs et diplomates appellent à la prudence, rappelant qu'un dégel durable suppose des gestes concrets de part et d'autre.