Le Conseil de sécurité des Nations Unies a reconduit à l'unanimité le mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en Centrafrique (MINUSCA) jusqu'au 15 novembre 2026. Cette reconduction intervient dans un contexte contrasté : la République centrafricaine (RCA) affiche des signes de stabilisation relative, mais ses zones frontières, notamment avec le Soudan, la RDC et le Cameroun, restent des foyers de tension.
Des progrès réels mais fragiles
Depuis le retour de groupes armés, dont l'UPC et le 3R, dans l'Accord de paix de 2019, plus de 6 300 combattants ont été désarmés et démobilisés avec le soutien de la MINUSCA. L'extension progressive de l'autorité de l'État sur des territoires précédemment hors de contrôle constitue un progrès tangible, noté par les observateurs onusiens. La MINUSCA souligne elle-même une "trajectoire positive" dans son dernier communiqué.
Des frontières toujours instables
Malgré ces avancées, le nord-est et le sud-est du pays concentrent les tensions. Les incursions armées en provenance du Soudan et les rivalités locales alimentent des vagues de déplacement de population. La présence de réfugiés soudanais fuyant la guerre dans leur pays ajoute une pression humanitaire supplémentaire sur des régions déjà vulnérables. La mission reste chargée de la protection des civils et du soutien au processus électoral prévu en 2027.
Des financements insuffisants pour les élections
La préparation des prochaines élections générales suscite des inquiétudes parmi les membres du Conseil de sécurité, qui déplorent un manque de fonds pour garantir un scrutin crédible. La MINUSCA est appelée à jouer un rôle d'appui logistique et sécuritaire, mais ses ressources sont également contraintes par la réduction globale des budgets onusiens consacrés aux opérations de paix en Afrique.