A l'approche de la saison des pluies, les autorités sanitaires de plusieurs pays d'Afrique centrale et du Sahel tirent la sonnette d'alarme : les cas de choléra sont en nette augmentation dans les zones touchées par des conflits armés ou des déplacements massifs de population. Le Cameroun, la RDC, le Tchad et le Soudan du Sud figurent parmi les pays les plus affectés selon les données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Le triptyque : conflit, déplacement, eau contaminée
Le choléra prospère dans les contextes où l'accès à l'eau potable est brisé et où les systèmes d'assainissement sont inexistants ou détruits. Dans les camps de déplacés de l'Extrême-Nord camerounais, de l'est du Tchad ou du nord-est de la RCA, la promiscuité et l'absence de latrines créent des conditions propices à la propagation. La montée des eaux en juillet-août amplifie chaque année ce risque, en inondant des puits et des latrines déjà insuffisants.
Les réponses humanitaires mises sous pression
Médecins sans frontières (MSF), l'UNICEF et plusieurs ONG nationales ont signalé leurs difficultés à maintenir des stocks suffisants de sérum oral de réhydratation et de vaccins anticholériques dans ces zones. Les circuits logistiques sont compliqués par les tensions sécuritaires qui limitent l'accès aux équipes de santé. L'OMS a appelé à un renforcement urgent du prépositionnement des stocks médicaux avant la saison des pluies.
Prévention et sensibilisation communautaire
Face aux contraintes opérationnelles, plusieurs acteurs misent sur la prévention communautaire : formation de relais villageois, distribution de pastilles de chlore et sensibilisation aux gestes d'hygiène de base. Ces approches, moins coûteuses que la vaccination de masse, montrent des résultats positifs dans certains secteurs du bassin du lac Tchad. Elles ne sauraient cependant remplacer des investissements durables dans l'eau et l'assainissement, dont le financement reste l'un des parents pauvres de l'aide humanitaire régionale.