L'Afrique centrale fait face à une nouvelle crise sanitaire majeure. Le 17 mai 2026, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a officiellement déclaré l'épidémie de maladie à virus Ebola sévissant en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda comme une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). Une décision lourde de sens, qui active les mécanismes de coordination sanitaire mondiale.
Une souche sans traitement ni vaccin disponible
L'épidémie est causée par le virus Bundibugyo, une souche rare différente de l'Ebolavirus Zaïre, bien mieux connue et pour laquelle des vaccins existent. Le virus Bundibugyo ne dispose à ce jour ni de traitement homologué ni de vaccin, ce qui complique considérablement la réponse médicale et limite les options disponibles pour les équipes sur le terrain.
L'ampleur de l'épidémie
L'épidémie a été détectée pour la première fois le 15 mai dans la province d'Ituri, au nord-est de la RDC. Au 29 mai, le bilan provisoire faisait état de 125 cas confirmés et 17 décès confirmés, auxquels s'ajoutent 906 cas suspects et 223 décès parmi ces suspects. Les foyers épidémiques se concentrent dans les provinces d'Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec une présence désormais signalée dans des villes importantes comme Bunia et Goma.
En Ouganda, le virus a franchi la frontière : cinq cas confirmés et un décès ont été recensés, dont les premiers cas de transmission locale confirmés le 23 mai. Le directeur général de l'OMS a exprimé sa « profonde préoccupation face à l'ampleur et à la rapidité » de la propagation.
Un contexte humanitaire déjà fragile
La situation est d'autant plus préoccupante que les zones touchées en RDC sont parmi les plus vulnérables du continent. Les provinces de l'est du pays sont marquées par des années de conflits armés, une faible couverture sanitaire et des déplacements massifs de population — autant de facteurs qui favorisent la propagation du virus et compliquent le travail des équipes médicales.
Une mobilisation internationale requise
La déclaration d'USPPI par l'OMS engage les États membres à renforcer leur surveillance et à soutenir la réponse. Des équipes spécialisées de plusieurs pays sont déjà mobilisées aux côtés des autorités congolaises et ougandaises. La communauté internationale est appelée à financer d'urgence les besoins en matériel médical, en personnel de santé et en sensibilisation des populations.