Malgré les opérations militaires menées dans le cadre de la Force multinationale mixte (FMM), des incursions récurrentes de groupes armés liés à la nébuleuse Boko Haram continuent de cibler les éleveurs de la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. Plusieurs éleveurs ont été enlévés ces dernières semaines dans les zones peri-lacustres, selon des sources locales.
Des zones rurales à la merci des ravisseurs
Les éleveurs transhumants, qui se déplacent avec leurs troupeaux dans les espaces frontaliers entre le Cameroun, le Tchad et le Nigeria, constituent des cibles de choix pour les groupes armés. L'isolement des zones de pâturage, la faiblesse des voies de communication et l'accès limité aux forces de sécurité créent un environnement propice aux enlèvements contre rançon. Des responsables militaires de la région alertent régulièrement sur la persistance de la menace, estimant que la guerre n'est pas finie malgré la réduction des attaques spectaculaires.
Un accès humanitaire toujours compromis
L'insécurité persistante complique l'accès des organisations humanitaires aux communautés vulnérables. Les ONG présentes dans la région signalent des restrictions de déplacement et des obstacles logistiques qui freinent la distribution d'aide alimentaire et les programmes de santé. OCHA rappelle dans son dernier bilan semestriel que l'Extrême-Nord reste l'une des zones d'intervention les plus complexes d'Afrique centrale en termes d'accès opérationnel.
Des appels à renforcer la présence militaire
Face à ces événements, des élus locaux et des représentants des communautés pastorales réclament un renforcement des patrouilles et une plus grande présence des forces de défense dans les couloirs de transhumance. Les autorités militaires de la région assurent que les dispositifs sont maintenus, mais reconnaissent l'étendue du terrain à surveiller comme un défi permanent.