Le paludisme demeure la première endémie en Afrique subsaharienne, causant plus de 600 000 décès par an selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En 2026, loin de reculer, la maladie connaît une recrudescence alarmante dans plusieurs pays du continent. Le Mozambique a enregistré une multiplication par quatre de ses cas au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025. La Namibie, elle, a déjà comptabilisé deux fois et demie plus de cas que sur l'ensemble de l'année 2024.
La résistance à l'artémisinine s'installe en Afrique
Un phénomène inquiète particulièrement les spécialistes : la résistance au traitement de référence, l'artémisinine, ne se limite plus aux séquences de propagation venues d'Asie du Sud-Est. Des cas de résistance émergent désormais de manière indépendante au sein des pays africains eux-mêmes. Cette évolution menace de rendre caducs des protocoles de traitement utilisés depuis des décennies et oblige les systèmes de santé à réexaminer leurs stratégies thérapeutiques.
Les vaccins : une avancée, mais des besoins encore immenses
Dix-sept pays africains intègrent désormais des vaccins antipaludiques — notamment le R21/Matrix-M développé par l'Université d'Oxford — dans leurs programmes de vaccination systématique des enfants. Cette évolution représente une avancée significative dans la lutte contre la maladie. Toutefois, les états membres ont besoin d'au moins 1,5 milliard de dollars rien que pour maintenir les niveaux actuels d'intervention anti-paludique entre 2024 et 2026, un objectif difficile à atteindre face aux contraintes budgétaires internationales.
L'urgence d'un financement renforcé
Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme alerte sur le risque de ruptures dans les chaînes d'approvisionnement en médicaments et en moustiquaires imprégnées. Le désengagement de certains donateurs internationaux compromet la continuité des programmes de distribution, notamment dans les zones les plus vulnérables. Pour l'Afrique subsaharienne, où se concentrent 94 % des cas mondiaux, l'urgence d'un financement international renforcé et pérenne est plus criante que jamais.