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Politique

Sahel : les groupes armés exploitent les divisions CEDEAO-AES pour s'étendre

Sécurité Sahel groupes armés

Alors que la brèche diplomatique entre la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et l'Alliance des États du Sahel (AES) se creuse, les analystes de défense alertent sur un phénomène inquiétant : les groupes armés jihadistes, au premier rang desquels le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans) affilié à Al-Qaïda, tirent parti de ce vide de coopération pour étendre leur zone d'influence vers les pays côtiers.

Une fracture institutionnelle au profit des jihadistes

Depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO en 2024, les mécanismes de partage du renseignement et de coordination opérationnelle entre les deux blocs ont été sévèrement amoindéris. Des analyses publiées au printemps 2026 par des centres de recherche en sécurité africaine montrent que le JNIM et l'ISWAP ont mis à profit cette division pour pénétrer les régions septentrionales du Togo, du Bénin et de la Côte d'Ivoire, pays membres de la CEDEAO.

L'AES mise sur la coordination militaire interne

De son côté, la confédération AES a annoncé au lendemain des attaques d'avril 2026 au Mali des opérations aériennes conjointes et un soutien militaire coordonné entre ses trois membres. Le général Abdourahamane Tiani, lors du 2e sommet des chefs d'État de la confédération, a réaffirmé que "la sécurité précède tout". Ces efforts, bien que réels, ne compensent pas l'absence d'une architecture de sécurité régionale intégrée impliquant l'ensemble des pays concernés.

Un appel à la coopération malgré les tensions

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a estimé, par la voix du chef de l'UNOWAS, que la coopération entre la CEDEAO et l'AES restait "cruciale" pour relever le défi sécuritaire. Des canaux informels de communication entre les deux blocs continuent d'exister, notamment sur le partage d'informations opérationnelles, mais leur efficacité reste limitée. La question d'un mécanisme de sécurité panafricain indépendant des logiques de blocs reste entière à l'entrée de l'été 2026.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — données à vérifier avant publication définitive.