Un séisme institutionnel a ébranlé le Sénégal le 22 mai 2026. Par décret présidentiel, Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko et dissous l'ensemble du gouvernement, marquant la rupture définitive entre deux hommes longtemps considérés comme les figures indissociables d'une même vision politique.
La fin d'une alliance historique
Arrivés au pouvoir ensemble en mars 2024, Diomaye Faye à la présidence et Sonko à la primature, les deux leaders avaient incarné l'espoir d'un renouveau démocratique. Mais dès l'automne 2025, des fissures sont apparues : le président a progressivement écarté plusieurs cadres proches du PASTEF de postes stratégiques. La tension a atteint son paroxysme en décembre 2025, quand Sonko a publiquement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2029, se positionnant en concurrent direct de Faye.
Une crise constitutionnelle sans précédent
Sur le plan institutionnel, la situation est particulièrement délicate. L'Assemblée nationale reste dominée par le PASTEF, le parti du Premier ministre désormais limogé. Le chef de l'État se retrouve sans majorité parlementaire naturelle, dans une configuration qui n'a pas d'équivalent récent dans l'histoire politique sénégalaise. Des voix s'élèvent déjà pour parler de cohabitation de facto, voire d'instabilité gouvernementale durable.
L'incertitude politique s'installe
Pour l'heure, aucun nouveau Premier ministre n'a été nommé. Les observateurs attendent de voir si Faye va tenter de former un gouvernement technique ou s'il cherchera à dissoudre l'Assemblée pour obtenir une nouvelle majorité. Pendant ce temps, Sonko, libéré de ses responsabilités gouvernementales, reprend sa liberté de parole et pourrait structurer une opposition active au sein même du camp présidentiel.
Ce retournement marque un tournant dans la transition politique sénégalaise, intervenant dans un contexte sous-régional déjà marqué par l'instabilité au Sahel et les interrogations sur la trajectoire démocratique du continent.