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Sécurité

AES : la force unifiée de 15 000 hommes intensifie ses opérations au Sahel

La Confédération des États du Sahel franchit une nouvelle étape dans son effort de défense collective. La force militaire conjointe réunissant les armées du Mali, du Burkina Faso et du Niger a récemment confirmé la conduite d'opérations aériennes coordonnées sur le territoire malien, visant des positions de groupes armés non étatiques actifs dans la zone du Liptako-Gourma.

Une montée en puissance militaire sans précédent

Initialement constituée de 5 000 hommes, la force unifiée de l'AES a vu ses effectifs portés à 15 000 soldats au printemps 2026, selon des sources officielles de l'Alliance. Cette montée en puissance traduit la volonté des trois États confédérés d'assumer seuls la charge sécuritaire d'une région longtemps dépendante de partenaires extérieurs, au premier rang desquels la France et ses opérations Barkhane et Sabre.

Les autorités de Bamako, Ouagadougou et Niamey présentent cette force comme un instrument souverain, directement commandé par les états-majors nationaux et coordonné au sein d'une structure confédérale. Des frappes aériennes ont été confirmées fin avril et début mai, ciblant des bases logistiques et des colonnes de combattants dans le nord du Mali.

Des résultats opérationnels revendiqués, une situation toujours fragile

L'AES revendique la neutralisation de plusieurs chefs de groupes armés et le démantèlement de bases depuis le lancement des opérations conjointes en 2024. Ces succès affichés contrastent néanmoins avec une situation sécuritaire qui demeure tendue sur le terrain. Le Sahel central reste le principal foyer du terrorisme mondial, selon le Global Terrorism Index 2026, même si l'indice note une baisse significative du nombre de victimes au Burkina Faso (−45 %) et au Mali (−42 %) par rapport à l'année précédente.

Ces chiffres encourageants doivent être lus avec prudence : ils s'expliquent en partie par la fermeture de certaines zones aux observateurs indépendants, rendant toute évaluation exhaustive difficile. Par ailleurs, le déplacement interne de populations reste massif, en particulier au Burkina Faso où près d'un habitant sur dix a été contraint de fuir son foyer.

L'enjeu diplomatique de la souveraineté sécuritaire

Sur la scène internationale, les représentants de la Confédération ont réaffirmé, lors du Conseil de sécurité de l'ONU en mai 2026, leur rejet de toute présence militaire étrangère non sollicitée sur leur sol. Ce positionnement marque une rupture nette avec la doctrine antérieure, fondée sur la coopération multilatérale avec les partenaires occidentaux.

L'enjeu pour l'AES est désormais de démontrer que sa force commune peut durablement réduire l'insécurité et protéger les populations, là où les dispositifs précédents avaient montré leurs limites.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.