La région de l'Extrême-Nord du Cameroun traverse une période de tension sécuritaire persistante. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a recensé au moins 94 incidents sécuritaires au cours du mois de juin 2026, faisant état de 77 personnes enlevées, 59 tuées et 48 blessées. Ces chiffres illustrent la fragilité d'une zone frontalière exposée aux incursions de groupes armés non étatiques (GANE).
Une insécurité alimentée par les GANE
Les affrontements entre groupes armés et les Forces de défense et de sécurité (FDS) s'intensifient, notamment dans les zones frontalières avec le Nigeria et autour du bassin du lac Tchad. Des enlèvements de civils, ciblant en particulier les éleveurs et les commerçants, ont été signalés dans plusieurs arrondissements du Mayo-Sava, du Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari. La présence d'engins explosifs improvisés (EEI) sur certains axes routiers complique les déplacements des populations et les interventions humanitaires.
Des déplacements massifs de population
La détérioration du contexte sécuritaire a provoqué le déplacement interne et transfrontalier de près de 1 278 ménages, soit environ 8 543 personnes, selon les données de l'OCHA. Ces personnes déplacées s'ajoutent aux milliers de réfugiés nigérians déjà présents dans la région, accentuant la pression sur les services de base et les ressources alimentaires locales. Plusieurs ONG et agences onusiennes ont revu à la baisse leur présence dans les zones les plus exposées, en raison des risques pour leur personnel.
Un appel à renforcer la protection des civils
Face à cette situation, l'OCHA et ses partenaires humanitaires appellent à un renforcement de la protection des populations civiles et à une augmentation des financements dédiés à la réponse humanitaire dans le Septentrion camerounais. Les autorités régionales de Maroua ont, de leur côté, annoncé une intensification des patrouilles conjointes dans les zones les plus affectées. La communauté internationale est invitée à maintenir son soutien à la Force multinationale mixte (FMM), qui opère dans le bassin du lac Tchad.