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Politique

L'Alliance des États du Sahel : entre affirmation institutionnelle et défis sécuritaires

Née en septembre 2023 sous la forme d'un pacte de défense mutuelle, l'Alliance des États du Sahel (AES) réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger poursuit sa transformation en une confédération à part entière. Deux ans après sa fondation, le bilan institutionnel est visible, même si les défis sécuritaires qui ont justifié sa création demeurent préoccupants.

Une architecture institutionnelle en construction

Depuis la proclamation de la confédération en juillet 2024, l'AES a multiplié les symboles et les structures d'intégration. Les trois pays ont adopté un passeport biométrique commun, mis sur pied une banque d'investissement, établi un tarif douanier harmonisé et déployé un commandement militaire unifié fort de quelque 5 000 hommes. La confédération s'est également dotée d'un drapeau, d'un hymne et d'une chaîne de télévision commune.

La présidence tournante, qui a vu le général malien Assimi Goïta inaugurer la charge, est désormais assurée par Ibrahim Traoré du Burkina Faso depuis décembre 2025. Cette rotation symbolise une volonté d'équité entre les trois capitales.

Des partenariats réorientés

L'un des marqueurs les plus visibles de l'AES est le tournant diplomatique opéré par ses membres. En rupture avec les partenariats occidentaux qui avaient longtemps structuré la sécurité régionale, les trois États ont ouvert de nouvelles coopérations. L'Algérie, après une période de tensions particulièrement vives en 2025, multiplie désormais les gestes d'ouverture, notamment en direction de Niamey.

Un test sécuritaire encore ouvert

Pour autant, les ambitions initiales de l'AES se heurtent à une réalité de terrain complexe. Les groupes jihadistes actifs dans la région, principalement le JNIM affilié à Al-Qaïda et les organisations liées à l'État islamique, maintiennent leur capacité à frapper. Les observateurs indépendants notent que ces groupes n'ont pas perdu de terrain depuis les coups d'État qui ont justifié la création de l'Alliance.

La crédibilité de l'AES repose désormais en grande partie sur sa capacité à apporter des réponses concrètes aux millions d'habitants qui subissent quotidiennement l'insécurité. L'architecture institutionnelle est posée ; reste à lui donner une efficacité opérationnelle.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.