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Sécurité

Sahel : la force conjointe de l'AES face à une menace terroriste persistante

Fin décembre 2025, la Confédération des États du Sahel (AES) — réunissant le Mali, le Burkina Faso et le Niger — a officiellement lancé sa force militaire conjointe. Forte de quelque 5 000 hommes, avec un état-major installé à Niamey, cette unité est présentée par les autorités des trois pays comme un instrument central de leur stratégie sécuritaire pour 2026.

Une montée en puissance progressive

Les premières unités de cette force sont opérationnelles depuis le début de l'année. Selon les autorités de l'AES, des opérations menées conjointement depuis 2024 auraient permis de neutraliser plusieurs chefs de groupes armés et de démanteler des bases avancées utilisées par les jihadistes. Ces résultats, difficilement vérifiables de manière indépendante, sont mis en avant par les trois gouvernements comme la preuve de l'efficacité de leur coopération militaire.

Une menace jihadiste qui s'adapte

Malgré ces efforts affichés, les analystes soulignent la persistance — voire l'intensification — de la menace dans certaines zones. Le Sahel concentre aujourd'hui près de la moitié des décès liés au terrorisme recensés à l'échelle mondiale. En 2025, la CEDEAO comptabilisait plus de 450 attaques terroristes dans la région, faisant plus de 1 900 morts. Le JNIM (Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda) et l'État islamique au Sahel restent les deux principales forces actives.

Ces groupes ont par ailleurs évolué dans leurs tactiques : longtemps cantonnés aux zones rurales et aux franges frontalières, ils ciblent désormais de plus en plus les centres urbains et les axes d'approvisionnement stratégiques, comme l'ont illustré les perturbations de l'approvisionnement en carburant de Bamako en septembre 2025.

Des défis de financement et de cohérence régionale

La montée en puissance de la force conjointe se heurte à d'importants obstacles. Le financement reste insuffisant, les trois États mobilisant des ressources nationales limitées dans un contexte de finances publiques sous pression. Par ailleurs, la rupture des relations entre l'AES et la CEDEAO a réduit les mécanismes de coopération régionale disponibles, isolant davantage les trois pays sur le plan diplomatique et logistique.

Le Global Terrorism Index 2026 note une légère baisse des violences dans certaines zones, mais maintient le Sahel au rang de principal foyer mondial du terrorisme. La protection des populations civiles — avec près de 3 millions de déplacés internes dans les trois pays — demeure le défi le plus urgent.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.