La situation sécuritaire au Sahel reste profondément préoccupante en ce début de mois de juin 2026. Au Burkina Faso et au Mali, des opérations jihadistes de grande envergure continuent de cibler aussi bien les forces de défense que les populations civiles.
Burkina Faso : des pertes parmi les forces de sécurité
Plusieurs policiers et un militaire ont récemment perdu la vie lors d'une série d'attaques jihadistes dans la région de Fada N'Gourma, dans l'est du Burkina Faso, à proximité de la frontière avec le Niger. Ces incidents illustrent la perméabilité persistante de vastes zones du territoire burkinabè face aux incursions de groupes armés. La zone des trois frontières, partagée entre le Burkina, le Mali et le Niger, demeure l'un des épicentres de la violence dans la région.
Mali : déplacements forcés et pression sur les civils
Au Mali, les groupes jihadistes recourent de plus en plus à une stratégie de dépeuplement : des habitants de certaines localités du nord et du centre du pays sont contraints de fuir leurs villages, accusés de collusion avec l'armée. Cette tactique d'intimidation aggrave la crise des déplacés internes et fragilise les liens sociaux dans des communautés déjà fragilisées.
Les Nations unies ont condamné avec fermeté les attaques contre des civils et des forces de sécurité au Mali, appelant à une mobilisation internationale renforcée pour soutenir les autorités maliennes dans leur lutte contre le terrorisme.
Une menace qui se déplace et s'étend
Au-delà du Sahel historique, les analystes observent un glissement progressif de la violence vers le sud et l'ouest, mettant désormais sous pression les États côtiers d'Afrique de l'Ouest. Le Bénin, le Togo, le Ghana et la Côte d'Ivoire sont en état d'alerte face à des incursions de groupes armés qui franchissent leurs frontières septentrionales.
Selon plusieurs centres de recherche spécialisés, les morts imputables aux groupes islamistes armés sur le continent maintiennent un rythme proche des niveaux records des années précédentes, avec le Sahel et la Somalie comme principaux foyers de violence. La réponse militaire seule, qu'elle soit nationale ou régionale, semble insuffisante pour endiguer une menace qui prospère sur les failles sociales et économiques de la région.