LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
Politique

CEDEAO–AES : une diplomatie discrète pour tenter de réunifier l'Afrique de l'Ouest

Depuis le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en janvier 2025, la fracture institutionnelle s'est creусée. Pourtant, un an et demi plus tard, des signaux diplomatiques convergents laissent entrevoir un possible rapprochement. Sous l'impulsion de plusieurs pays membres et de médiateurs extérieurs, un dialogue discret est en cours.

Des canaux informels réactivés

Plusieurs sources concordantes font état de contacts informels entre les capitales de l'Alliance des États du Sahel (AES) et les instances dirigeantes de la CEDEAO. En avril 2026, à Lomé, des ministres des Affaires étrangères des deux blocs se seraient retrouvés en marge d'une réunion régionale pour explorer les conditions d'un rapprochement.

La CEDEAO a par ailleurs mandaté l'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté pour conduire une mission de négociation avec l'AES, signe que l'organisation régionale prend la démarche de médiation au sérieux.

La pression sécuritaire comme moteur du rapprochement

Ce renouveau diplomatique est en grande partie poussé par la détérioration continue de la situation sécuritaire au Sahel. Plusieurs analystes et organisations de la société civile soulignent que, face à l'escalade jihadiste qui frappe désormais des pays côtiers comme le Bénin et le Togo, le maintien d'une fracture entre blocs régionaux constitue un luxe dangereux.

L'isolement progressif des pays AES — soumis à des tensions économiques liées à la fermeture des frontières commerciales avec certains voisins — renforce également l'intérêt objectif d'un assouplissement des relations.

Des obstacles persistants

Malgré ces avancées, plusieurs obstacles sérieux subsistent. Les dirigeants du Mali, du Burkina Faso et du Niger continuent d'afficher une posture souverainiste et rejettent toute ingérence dans leurs affaires intérieures. Ils considèrent certaines conditions posées par la CEDEAO — notamment sur la transition vers des élections civiles — comme incompatibles avec leur agenda politique.

Malgré ces obstacles, la dynamique engagée est réelle. L'avenir de l'intégration ouest-africaine se jouera, en partie, dans ces négociations encore discrètes mais chargées d'enjeux.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.