La crise humanitaire qui frappe le Sahel central atteint en 2026 des proportions alarmantes. Selon les données compilées par les agences onusiennes et les organisations d'aide humanitaire, le Burkina Faso, le Mali et le Niger réunissent à eux trois près de 3 millions de personnes déplacées à l'intérieur de leurs propres frontières, fuyant la violence des groupes armés et l'insécurité généralisée.
Un déplacement massif de populations
Le Burkina Faso concentre la part la plus importante de cette population en fuite, avec environ 2 millions de personnes déplacées internes. Le Mali en compte quelque 415 000, et le Niger environ 548 000. Ces chiffres, en constante augmentation depuis plusieurs années, traduisent l'incapacité des États à garantir la sécurité de leurs populations dans de larges pans de territoire.
Ces déplacements massifs créent des pressions immenses sur les villes hôtes, souvent elles-mêmes en proie à des difficultés économiques. L'accès aux services de base — eau, soins, éducation — devient un enjeu quotidien pour des centaines de milliers de familles.
La famine progresse dans un contexte de réductions d'aide
Au Mali, la situation alimentaire s'est brutalement détériorée. Des réductions des rations distribuées dans les camps de déplacés ont conduit à une augmentation de 64 % des cas de malnutrition sévère dans certaines zones selon les acteurs humanitaires sur le terrain. Le Niger figure également parmi les pays pour lesquels une alerte famine a été émise pour 2026.
Cette dégradation survient dans un contexte de réduction globale des financements humanitaires, plusieurs donateurs traditionnels ayant diminué leurs contributions, et alors que l'accès des organisations d'aide aux zones affectées reste entravé par l'insécurité.
Une crise aux racines multiples
La crise humanitaire du Sahel ne se résume pas à ses dimensions sécuritaires. Elle s'enracine dans un enchevêtrement de facteurs structurels : une pauvreté persistante, une croissance démographique rapide, une vulnérabilité climatique accrue, des tensions intercommunautaires et l'absence de perspectives économiques pour une jeunesse nombreuse. Ce contexte offre un terreau fertile au recrutement jihadiste et à la propagation des violences.
Les appels à un sursaut international se multiplient, mais peinent à se traduire en réponse coordonnée. La rupture entre l'AES et la CEDEAO a par ailleurs réduit les canaux disponibles pour une action humanitaire concertée à l'échelle régionale.