Alors que les tensions entre l'Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) restent élevées, le Togo s'impose progressivement comme l'un des rares pays capables de dialoguer avec les deux blocs. Sa stratégie dite « Togo-Sahel 2026-2028 » vise à relancer la coopération régionale sur trois axes prioritaires : le dialogue politique, la sécurité régionale et l'intégration économique.
Lomé comme terrain de dialogue
Les 17 et 18 avril 2026, Lomé a accueilli une réunion entre les ministres des Affaires étrangères de l'AES (Burkina Faso, Mali, Niger) et des représentants de la CEDEAO. Cet échange, facilité par les autorités togolaises, a abouti à un accord de principe pour établir un cadre permanent de consultations. Le Togo, qui entretient des relations commerciales et diplomatiques avec les deux blocs, bénéficie d'une position géographique et politique unique dans la région.
Trois axes pour rapprocher les positions
La stratégie togolaise repose d'abord sur la relance du dialogue politique, avec l'organisation de forums réguliers réunissant les représentants des deux organisations. Le second axe concerne la sécurité régionale : Lomé propose un mécanisme de partage de renseignement entre les forces de la CEDEAO, la force conjointe de l'AES et d'autres partenaires régionaux pour mieux coordonner la lutte contre le terrorisme. Enfin, l'intégration économique reste un levier essentiel, notamment la question du maintien des corridors commerciaux entre les pays de l'AES et leurs voisins côtiers.
Des obstacles persistants
Malgré ces initiatives, les obstacles restent nombreux. Les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur souveraineté et refusé tout retour au sein de la CEDEAO dans les conditions actuelles. De son côté, l'organisation sous-régionale n'a pas encore levé toutes ses sanctions. Les analystes estiment que le Togo peut jouer un rôle de facilitateur, mais que la réconciliation formelle entre les deux blocs pourrait prendre plusieurs années.