Née en septembre 2023 comme pacte de défense mutuelle, l'Alliance des États du Sahel (AES) a pris une dimension institutionnelle nouvelle depuis sa transformation en Confédération en juillet 2024. En 2026, les trois États fondateurs — Mali, Burkina Faso et Niger — continuent d'ériger les structures communes qui doivent incarner leur projet d'intégration régionale autonome.
Une banque et une monnaie en gestation
Parmi les avancées les plus significatives figure la création de la Banque confédérale d'investissement et de développement. Cette institution est destinée à financer les projets structurants des trois pays membres — infrastructures, agriculture, mines — en dehors des circuits traditionnels de financement international. Plus symbolique encore, l'AES ambitionne de créer une monnaie commune baptisée « sahel », présentée comme une étape vers la souveraineté monétaire.
Des institutions culturelles pour forger une identité commune
La Confédération mise également sur le rapprochement des populations à travers la culture et les médias. Les ministres des Affaires étrangères des trois pays ont signé des accords prévoyant la création d'une radio confédérale baptisée « Daandè Liptako » et d'une télévision commune dénommée « TAFOUK TV ». Ces médias supranationaux ont pour mission de diffuser une information commune aux citoyens du Sahel, tout en valorisant les cultures locales.
En février 2025, les États membres avaient signé une convention établissant une politique culturelle commune et dévoilé le drapeau de la Confédération, geste hautement symbolique d'une identité confédérale en construction.
Des défis immenses à surmonter
L'ambition institutionnelle de l'AES se heurte cependant à des obstacles considérables. Les trois pays sont parmi les plus pauvres du monde, dépendants de l'aide extérieure que leurs gouvernements cherchent pourtant à réduire. La crise sécuritaire pèse lourdement sur les finances publiques et détourne les ressources des projets de développement.
L'AES se trouve ainsi à la croisée des chemins : construire de nouvelles institutions tout en gérant des crises immédiates reste un exercice d'équilibrisme périlleux.