Le Cameroun a adopté pour l'exercice 2026 un budget global de 8 816,4 milliards de francs CFA, en hausse de 14 % par rapport à l'année précédente. Ce budget ambitieux traduit la volonté du gouvernement de soutenir la croissance, de moderniser l'économie et de renforcer les investissements dans les secteurs structurants. La Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds monétaire international (FMI) tablent sur une croissance de 4,3 % en 2026, contre 3,9 % estimée en 2025.
L'investissement public au cœur de la stratégie
Les dépenses d'investissement public atteignent 2 026,3 milliards FCFA dans le budget 2026, traduisant la priorité accordée aux projets structurants. Routes, énergie, agriculture et industries figurent en tête des secteurs bénéficiaires. Le gouvernement mise notamment sur la finalisation du barrage de Nachtigal (420 MW) et l'extension du réseau de transport pour désenclaver les régions du Nord. L'inflation, quant à elle, devrait reculer à 3 % en 2026, offrant un meilleur pouvoir d'achat aux ménages.
Dix secteurs à surveiller en 2026
Les analystes économiques ont identifié dix secteurs baromètres de la transformation économique au Cameroun : l'agribusiness, l'énergie, les mines, le BTP, la logistique, le numérique, la finance, la santé, la formation professionnelle et l'économie verte. Le secteur du numérique suscite notamment des attentes importantes, avec le développement de la télémédecine, de l'administration électronique et des fintech. Le ministère de l'Économie souligne que la réalisation de ces objectifs dépendra de la capacité à mobiliser les recettes fiscales intérieures, en particulier la TVA et l'impôt sur les sociétés.
Des défis persistants malgré les perspectives positives
Malgré ces perspectives encourageantes, le Cameroun fait face à des défis structurels : la gestion de la dette publique, la crise sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et du Septentrion, ainsi que la dépendance aux exportations de pétrole et de cacao. Le FMI recommande de diversifier les sources de recettes, d'accélérer les réformes du secteur parapublic et d'améliorer le climat des affaires pour attirer davantage d'investissements privés étrangers.