L'Agence de Régulation du Secteur de l'Électricité (ARSEL) et le ministère camerounais de l'Eau et de l'Énergie ont annoncé le lancement d'une nouvelle phase du programme d'électrification rurale dans la région de l'Adamaoua. Ce programme cible en priorité les arrondissements les plus enclavés des départements du Mbéré, du Djerem et de la Vina, où le taux d'accès à l'électricité reste inférieur à 15 %. Des localités comme Ngaoundal, Meiganga-rural et plusieurs villages du corridor Tibati-Ngaoundéré sont au cœur du dispositif.
Des solutions mixtes réseau et solaire
Face au coût prohibitif de l'extension du réseau filaire dans des zones géographiquement difficiles d'accès, les autorités ont opté pour une approche hybride. Dans les zones situées à moins de 15 kilomètres du réseau électrique existant, l'interconnexion sera privilegiée. Pour les villages les plus isolés, des mini-centrales solaires communautaires seront installées, pouvant alimenter jusqu'à 200 foyers chacune. Des partenariats avec des opérateurs privés et des financements du Fonds Spécial de Développement de l'Électricité (FSDE) sont mobilisés pour couvrir les investissements initiaux estimés à plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.
Un impact attendu sur l'économie et les services sociaux
L'accès à l'électricité dans ces zones rurales est perçu comme un levier majeur pour le développement local. Les centres de santé, les écoles et les points d'eau pourront fonctionner de manière plus régulière. Pour les ménages, la possibilité de recharger les téléphones mobiles, d'utiliser des équipements de conservation des aliments et de s'éclairer représente un changement concret. Les acteurs économiques locaux, notamment les petits transformateurs agro-alimentaires, attendent également un gain de productivité significatif. Le gouvernement espère par ailleurs stimuler l'installation de nouvelles unités artisanales et commerciales dans ces zones aujourd'hui peu attractives pour les investisseurs.
Un calendrier ambitieux à tenir
Les travaux sont prévus de s'étaler sur 24 mois, avec une première tranche attendue d'ici fin 2026. Des voix critiques dans la société civile de l'Adamaoua rappellent que des engagements similaires ont déjà été pris dans le passé sans être pleinement tenus, et appellent à des mécanismes de suivi indépendants. Le succès de cette initiative sera étroitement lié à la capacité des entreprises adjudicataires à respecter les délais dans une région où les conditions d'accès restent exigeantes en saison des pluies.