Un nouveau souffle pour la jeunesse du Grand Nord camerounais. Le programme PARSE IV, qui devrait démarrer officiellement en décembre 2026 pour s'étendre jusqu'en décembre 2028, prévoit de mobiliser près de 3,5 milliards de francs CFA afin de former et d'insérer économiquement 1 000 jeunes bénéficiaires dans les régions de l'Adamaoua, du Nord et de l'Extrême-Nord. L'intervention concernera douze communes réparties sur ces trois régions, longtemps considérées comme les plus défavorisées du pays sur le plan du développement économique.
Un programme ciblé sur les filières porteuses
Le PARSE IV s'inscrit dans la continuité des phases précédentes du Programme d'Appui à la Réinsertion Socio-Économique, en privilégiant les filières à fort potentiel dans le contexte sahélien : agro-pastoral, commerce de proximité, artisanat, petite transformation agroalimentaire et numérique. Les formations prévues combinent volet technique et accompagnement à la création ou à la consolidation de micro-entreprises. Un accent particulier est mis sur l'inclusion des femmes et des jeunes déplacés internes dont la situation économique reste particulièrement précaire.
Un contexte sécuritaire et humanitaire qui complexifie l'exécution
Si l'ambition du programme est saluée par les acteurs du développement locaux, plusieurs observateurs soulignent les défis d'exécution dans un environnement marqué par l'insécurité persistante, notamment dans les zones frontalières de l'Extrême-Nord. La mobilité des formateurs, l'accès aux communes les plus reculées et la fidélisation des bénéficiaires sur toute la durée du programme constituent des préoccupations réelles. Les autorités régionales assurent néanmoins que des dispositifs d'adaptation ont été intégrés dans la conception du PARSE IV pour tenir compte de ces contraintes opérationnelles.
Un levier pour la cohésion sociale
Au-delà de la dimension économique, le PARSE IV se veut un outil de cohésion dans des zones où la frustration des jeunes sans perspectives peut devenir un terreau favorable au recrutement par des groupes armés. En dotant un millier de jeunes de compétences et de ressources productives, le programme vise à renforcer le tissu socio-économique local et à consolider la résilience des communautés face aux chocs multiples — climatiques, sécuritaires et alimentaires — qui affectent régulièrement le Septentrion camerounais.