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Sécurité

Sahel : les violences reculent, mais la menace djihadiste reste entière

Sahel : les violences reculent, mais la menace djihadiste reste entière

Après des années de progression quasi ininterrompue, la violence liée aux groupes armés extrémistes semble marquer le pas dans certaines parties du Sahel. Les données disponibles pour la période 2025-2026 montrent une baisse notable du nombre de victimes au Mali et au Burkina Faso. Mais les experts restent prudents : le recul statistique ne signifie pas la fin de la crise.

Des chiffres encourageants, mais fragiles

Selon plusieurs rapports récents, le Burkina Faso aurait enregistré la plus forte baisse mondiale du nombre de décès liés au terrorisme, avec une diminution d'environ 45 %. Le Mali enchaînerait pour sa part une troisième année consécutive de repli, avec une baisse estimée à 42 %. Ces résultats sont attribués en partie à l'intensification des opérations militaires menées par les forces nationales, soutenues dans le cas malien par des troupes étrangères.

Le JNIM et l'EIGS toujours présents

Malgré ce relatif mieux, les groupes Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et l'État islamique au Sahel (EIGS) n'ont pas désarmé. Ils maintiennent une présence active dans les zones rurales, sur les axes routiers et aux abords des grandes villes. Les attaques contre les populations civiles, les forces de sécurité et les convois d'approvisionnement se poursuivent, même si leur fréquence a diminué dans certaines zones.

Une crise humanitaire qui perdure

La baisse des violences n'a pas mis fin aux déplacements de populations. Des centaines de milliers de personnes restent déplacées à l'intérieur de leur pays, notamment au Burkina Faso où environ 10 % de la population aurait été contrainte de fuir son lieu de résidence habituel. L'accès aux services de base demeure très limité dans de nombreuses localités.

Des réponses régionales en cours de construction

Face à cette menace persistante, la Confédération des États du Sahel (AES) a officialisé en décembre 2025 sa Force unifiée, censée mutualiser les capacités militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Par ailleurs, les États membres de la CEDEAO ont annoncé la mise en place d'une force régionale de 2 000 hommes pour soutenir les pays côtiers, jugés de plus en plus exposés à l'expansion djihadiste.

La situation au Sahel illustre la complexité de toute sortie de crise sécuritaire : les progrès militaires peuvent coexister avec une instabilité durable si les conditions politiques, économiques et sociales ne sont pas simultanément adressées.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.