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Politique

Confédération des États du Sahel : les réalisations et les défis après deux ans d’existence

Née de la Charte de Liptako-Gourma signée entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, la Confédération des États du Sahel (AES) a engrangé en deux ans et demi une série d'avancées institutionnelles remarquables. Elle fait face cependant à des défis colossaux qui testent la solidité du projet politique commun.

Un cadre institutionnel qui prend forme

Sur le plan institutionnel, le bilan de l'Alliance est dense. La Confédération dispose désormais d'une présidence tournante fonctionnelle, d'un traité constitutif, d'un passeport biométrique commun, d'une banque d'investissement dédiée, d'un tarif douanier conjoint, ainsi que d'un drapeau, d'un hymne et d'une chaîne de télévision partagée. Ces éléments traduisent une volonté réelle de construire une entité supranationale, au-delà des déclarations d'intention.

À cela s'ajoute un commandement militaire unifié, avec une force conjointe opérationnelle désormais portée à 15 000 hommes. L'ambition affichée est de couvrir l'ensemble du territoire des trois États membres avec des capacités de réponse rapide aux menaces jihadistes.

Une diplomatie de rupture

Les trois juntes au pouvoir à Bamako, Ouagadougou et Niamey ont fait de la souveraineté leur étendard commun. Cela s'est traduit par la fin des accords de défense avec la France, le retrait des forces françaises et européennes, et un rapprochement avec de nouveaux partenaires, notamment la Russie. Le Mali a également noué des contacts avec le Maroc sur les questions sécuritaires, ouvrant un nouveau chapitre dans la reconfiguration des alliances extérieures de la région.

Sur le plan diplomatique, les représentants de la Confédération ont multiplié les interventions dans les instances internationales, notamment aux Nations unies, pour défendre leur vision de la souveraineté et contester les critiques portant sur la gouvernance.

Des défis qui demeurent immenses

Derrière les symboles, les difficultés restent considérables. L'insécurité n'a pas reculé de façon significative malgré les opérations militaires. Les budgets des trois États sont sous tension, aggravés par les sanctions économiques subies après les coups d'État. La dépendance aux exportations de matières premières limite les marges de manœuvre économiques.

La question des droits humains soulève également des interrogations croissantes. Des organisations internationales ont documenté des restrictions aux libertés civiles et politiques dans les trois pays membres. L'absence d'échéancier clair pour un retour à l'ordre constitutionnel constitue un point de friction avec une partie de la communauté internationale.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.