LE SAHEL TVL'info africaine 24h/24
← Retour à l'accueil
Politique

RDC : l'opposition se mobilise contre une révision constitutionnelle jugée anti-démocratique

En République démocratique du Congo, les tensions politiques autour d'une éventuelle modification de la Constitution se sont intensifiées ces dernières semaines. Une partie de l'opposition a appelé à une journée ville morte à Kinshasa ce mercredi, pour protester contre ce qu'elle qualifie d'atteinte à l'ordre constitutionnel.

Des propositions parlementaires qui alimentent la controverse

Le 2 juin, des parlementaires de l'Alliance des Forces Démocratiques du Congo (AFDC), proches du président Félix Tshisekedi, ont soumis neuf propositions de révision constitutionnelle, dont une extension de la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Ces propositions, qui n'engagent pas formellement la présidence, ont néanmoins allumé un incendie politique dans un pays où la question des mandats présidentiels est particulièrement sensible.

La Coalition Article 64 : un front uni contre la réforme

Créée le 18 mai 2026, la Coalition Article 64 regroupe des partis d'opposition majeurs — Lamuka, Union de la Gauche, Ensemble, Envol — ainsi qu'une cinquantaine de mouvements citoyens. Elle tire son nom de l'article 64 de la Constitution congolaise, qui appelle tout citoyen à s'opposer par tous les moyens légaux à tout individu qui prendrait le pouvoir en violation de la loi fondamentale.

Pour ses membres, la révision envisagée n'a qu'un seul objectif : permettre à Tshisekedi, au pouvoir depuis 2019 et dont le second mandat s'achève en 2028, de demeurer à la tête de l'État au-delà des deux termes autorisés. « Il n'aura pas deux secondes de plus au pouvoir », a averti l'un des porte-paroles de l'opposition.

Un précédent que beaucoup veulent éviter

La mémoire congolaise est marquée par les tentatives passées de prolongation du pouvoir. La modification constitutionnelle qui avait permis à Joseph Kabila de rester au pouvoir au-delà de son dernier mandat en 2016 avait plongé le pays dans une crise profonde. L'opposition y voit un avertissement que le peuple n'entend pas laisser se répéter.

Le gouvernement, de son côté, n'a pas officiellement confirmé vouloir réviser la Constitution. Mais l'absence de démenti clair nourrit les inquiétudes dans un pays déjà fragilisé par un conflit armé persistant dans l'Est.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.