En juillet 2024, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont transformé leur Alliance des États du Sahel (AES) en Confédération. Deux ans plus tard, ce bloc sahélien affiche une volonté politique forte, une banque confédérale dont le capital atteint 895 millions de dollars, et une diplomatie activement tournée vers de nouveaux partenaires. Mais les défis demeurent nombreux.
La sécurité, priorité existentielle
La formule est devenue un leitmotiv à Bamako, Ouagadougou et Niamey : « Au Sahel, la sécurité précède tout. » Les chefs d'état-major des trois pays se sont réunis à plusieurs reprises depuis janvier 2026 pour coordonner leurs opérations contre les groupes jihadistes — principalement le GSIM et l'EIGS. Si des avancées ont été enregistrées dans certaines zones, la situation reste tendue dans le nord du Mali, à l'est du Burkina Faso et dans la zone des trois frontières. L'offensive du Front de libération de l'Azawad en avril a mis en lumière les fragilités persistantes.
L'économie, le chantier de fond
Sur le plan économique, les trois États travaillent à réduire leur dépendance à l'aide internationale et à créer des complémentarités régionales. La Banque confédérale de développement et d'investissement, lancée en début d'année, est censée financer les projets d'infrastructure et d'autosuffisance alimentaire. Ibrahim Traoré au Burkina Faso a mis l'accent sur l'industrialisation accélérée et la construction de routes, tandis qu'Assimi Goïta au Mali inscrit son action dans une vision à long terme baptisée « Mali Kura 2063 ».
Relations extérieures : un équilibre délicat
L'AES navigue entre rupture avec les anciens partenaires occidentaux et recherche de nouveaux alliés — Russie, Turquie, Iran, Chine. La CEDEAO maintient une pression normative tout en cherchant des canaux de dialogue. Le Sénégal et la Mauritanie jouent des rôles de médiateurs discrets. Pour les populations du Sahel, l'enjeu dépasse les jeux d'alliance : il s'agit d'accéder à la sécurité, à la nourriture et aux services de base dans un contexte humanitaire très dégradé.