Alors que les gouvernements militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger consolident leur emprise sur le pouvoir au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), des organisations de défense des droits humains multiplient les signalements sur les restrictions aux libertés fondamentales dans ces trois pays.
Un resserrement documenté des libertés
Human Rights Watch (HRW) a publié en début d'année un rapport détaillé pointant l'intensification de la répression dans plusieurs pays d'Afrique de l'Ouest, dont ceux du Sahel. L'organisation documente des arrestations arbitraires de journalistes, d'opposants politiques et de membres de la société civile. Dans certains cas, des personnes ont été détenues sans inculpation pour des durées prolongées.
La fermeture de médias indépendants, notamment des radios et chaînes de télévision locales, a également été relevée dans les trois pays de l'Alliance. Des lois restreignant le droit de manifestation et limitant l'activité des organisations non gouvernementales ont été adoptées, réduisant l'espace civique de façon significative.
Des civils pris en étau
Au-delà des libertés politiques, HRW souligne que les populations civiles sont victimes de violences de toutes parts. Les groupes armés jihadistes continuent de mener des attaques meurtrières contre des villages, des marchés et des convois humanitaires. Dans plusieurs cas documentés, des forces gouvernementales et leurs supplétifs ont également été mis en cause pour des violences contre des civils, notamment dans le contexte des opérations anti-jihadistes.
Au Burkina Faso, la situation humanitaire reste particulièrement préoccupante, avec plusieurs millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays du fait de l'insécurité. L'accès des organisations humanitaires à certaines zones reste restreint.
Un appel à la responsabilité
Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités de l'AES à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les violations signalées, à lever les restrictions imposées aux médias et à la société civile, et à garantir l'accès humanitaire aux populations vulnérables. Ces demandes se heurtent jusqu'à présent au refus des gouvernements militaires d'accepter des critiques qu'ils qualifient d'ingérences dans leurs affaires intérieures.
La question des droits humains constitue l'un des principaux points de friction entre les juntes sahéliennes et leurs partenaires internationaux, y compris certaines organisations régionales africaines.