Les assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) ont réuni des décideurs, investisseurs et experts du monde entier pour dresser un état des lieux des finances du continent et identifier les leviers permettant d'accélérer la mobilisation du capital privé. Dans un contexte où la croissance africaine est projetée à 4 % pour 2026, les participants ont souligné que l'attractivité des marchés émergents africains dépend en grande partie de réformes structurelles résolues.
Un partenariat inédit BAD-Forum économique mondial
La BAD a formalisé à l'occasion de ces assemblées un partenariat stratégique avec le Forum économique mondial pour lancer une « Feuille de route pour l'investissement humanitaire et la résilience en Afrique ». Cette initiative vise à orienter davantage de capitaux privés vers les marchés africains les plus fragiles, qui peinent à attirer des investisseurs en raison de la perception du risque. L'outil combine des garanties de la BAD, des mécanismes d'atténuation des risques et des produits financiers innovants pour sécuriser les engagements des fonds d'investissement institutionnels.
Des réformes audacieuses réclamées
Les experts réunis lors des assemblées ont insisté sur la nécessité de réformes fiscales, d'une meilleure gouvernance des entreprises publiques et d'une simplification des procédures d'enregistrement des entreprises pour rendre les économies africaines plus compétitives. Plusieurs intervenants ont cité l'exemple de pays comme le Rwanda, le Maroc et le Sénégal, qui ont su améliorer leur climat des affaires et attirer des investissements directs étrangers dans des secteurs stratégiques. La mobilisation de l'épargne domestique a également été identifiée comme un enjeu clé, insuffisamment adressé jusqu'à présent.
Les enjeux pour l'Afrique centrale et le Sahel
Pour les régions d'Afrique centrale et du Sahel, la question des investissements reste particulièrement sensible. Les contraintes liées à la sécurité, aux infrastructures de base et à la capacité institutionnelle freinent l'afflux de capitaux privés, même lorsque les ressources naturelles sont abondantes. La BAD, qui finance plusieurs projets au Cameroun et dans les pays du bassin du lac Tchad, a réaffirmé son engagement à maintenir ses concours dans ces zones prioritaires, en privilégiant les secteurs de l'énergie, de l'agriculture et des transports.