L'Union européenne a annoncé une enveloppe de 485 000 euros, soit environ 318 millions de francs CFA, pour répondre à la double urgence humanitaire qui frappe la région de l'Extrême-Nord du Cameroun. Ce financement cible à la fois les séquelles des incendies survenus en février dans les camps de déplacés de Kolofata et la dégradation alarmante de la sécurité alimentaire dans plusieurs arrondissements de la région.
Des incendies dévastateurs dans les camps de Kolofata
En février 2026, plusieurs camps accueillant des personnes déplacées internes à Kolofata, dans le département du Mayo-Sava, ont été ravagés par des incendies. Des centaines de ménages ont perdu l'essentiel de leurs biens, aggravant une situation déjà précaire. Les organisations humanitaires présentes sur place ont lancé des appels d'urgence auxquels l'UE a désormais répondu, en permettant le déploiement rapide d'une aide en abris, en vivres et en articles non alimentaires.
Une sécurité alimentaire sous pression
Au-delà des incendies, c'est l'ensemble de la région de l'Extrême-Nord qui souffre d'une insécurité alimentaire structurelle. Environ 1,6 million de personnes sont aujourd'hui concernées par la crise, selon les chiffres d'OCHA Cameroun. La perturbation des activités agricoles, les déplacements de population liés à l'insécurité persistante autour du lac Tchad et la hausse des prix des denrées alimentaires de base concourent à aggraver les besoins. Cette aide européenne permettra de distribuer des transferts monétaires et des rations alimentaires d'urgence dans les zones les plus touchées.
Une crise humanitaire de long terme
La région de l'Extrême-Nord fait face à une crise humanitaire prolongée depuis 2013, date des premières incursions de Boko Haram sur le territoire camerounais. Plus d'un demi-million de personnes ont été déplacées au cours des douze dernières années. Si les opérations de la Force multinationale mixte (FMM) ont permis de réduire la fréquence des attaques directes, les cicatrices économiques et sociales demeurent profondes. Le financement de l'UE s'inscrit dans une réponse de plus long terme, complémentaire des efforts du gouvernement camerounais et du Programme alimentaire mondial (PAM).