Le Mali traverse une phase particulièrement critique depuis les attaques du 25 avril 2026. Ce jour-là, des groupes jihadistes affiliés au JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda) et des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont frappé simultanément plusieurs centres urbains du pays, dont Bamako, Kati, Mopti, Gao, Sévaré, Bourem et Kidal. L’ampleur et la coordination de ces offensives constituent un tournant dans le conflit qui secoue le pays depuis plus d’une décennie.
Un choc sans précédent depuis 2012
Les attaques du 25 avril 2026 sont considérées par les observateurs comme les plus graves que le Mali ait connues depuis la crise de 2012, qui avait vu les forces armées perdre le contrôle d’une large partie du nord du pays. Cette fois, c’est le cœur même de l’État qui a été visé : le ministre malien de la Défense a perdu la vie au cours de ces événements. La prise de Kidal par les combattants du FLA représente un revers symbolique majeur pour la junte au pouvoir, qui avait fait de la reconquête de cette ville un marqueur de souveraineté nationale.
Les forces armées en difficulté malgré le partenariat avec le Corps Afrique de Russie
Depuis le départ des forces françaises en 2022, Bamako s’appuie sur le Corps Afrique de Russie pour soutenir ses opérations militaires. Cependant, les attaques d’avril ont mis en évidence les limites de ce partenariat face à des adversaires bénéficiant d’une connaissance approfondie du terrain et de réseaux logistiques étendus. Les analystes notent que les jihadistes, longtemps cantonnés aux zones rurales, étendent désormais leur capacité de frappe aux centres urbains, ce qui constitue une nouvelle dimension préoccupante de la menace.
Réaction régionale et renforcement sécuritaire au Burkina Faso
Au Burkina Faso voisin, le président de la transition Ibrahim Traoré a ordonné un renforcement du dispositif sécuritaire à Ouagadougou à la suite des événements maliens. Cette décision témoigne des craintes que les attaques coordonnées au Mali ne constituent un signal d’une stratégie régionale des groupes armés. Les deux pays, membres de la Confédération des États du Sahel (AES) avec le Niger, partagent des frontières poreuses et des problématiques sécuritaires communes.
Quel horizon pour la stabilisation ?
Les organisations internationales de suivi de la conflictualité soulignent qu’aucun indicateur ne laisse présager un essoufflement à court terme des campagnes jihadistes dans le Sahel central. La crise malienne continue d’alimenter des déplacements massifs de population, aggravant une situation humanitaire déjà très tendue. Pour les autorités de transition, l’enjeu est désormais de reconquérir la confiance des populations tout en reconstituant les capacités opérationnelles de l’armée.