Les Assemblées annuelles 2026 du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), tenues à Brazzaville, ont retenti d'un appel ambitieux : mobiliser 250 milliards de dollars d'actifs pour financer Mission 300, l'initiative conjointe de la BAD et du Groupe de la Banque mondiale qui vise à connecter 300 millions d'Africains à l'électricité d'ici l'an 2030. Un objectif colossal, au cœur des débats sur le financement du développement du continent.
Mission 300 : connecter l'Afrique à l'électricité
Lancée conjointement par la BAD et la Banque mondiale, Mission 300 est l'une des initiatives les plus structurantes pour le développement de l'Afrique subsaharienne. Près de 600 millions d'Africains vivent encore sans accès à l'électricité, un déficit qui freine la scolarisation, les soins de santé, la productivité agricole et l'industrialisation. Les hauts responsables financiers réunis à Brazzaville ont appelé à une action coordonnée pour débloquer les fonds nécessaires, en combinant financements publics, partenariats public-privé et instruments financiers innovants.
Un déficit de financement de 1 300 milliards par an
Les perspectives économiques présentées lors de ces assemblées rappellent l'ampleur du défi. L'Afrique affiche certes une croissance du PIB réel de 4,4 % en 2025, la plaçant parmi les régions les plus dynamiques de la planète, mais ce rythme reste insuffisant pour atteindre les objectifs de développement durable. Il faudrait une croissance d'au moins 7 % par an pour accélérer la réduction de la pauvreté. Pour y parvenir, le continent doit combler un déficit annuel de financement estimé à 1 300 milliards de dollars. Les experts ont souligné que l'Afrique dispose des ressources internes nécessaires : en améliorant la mobilisation fiscale et l'utilisation de ses propres capacités, le continent pourrait générer jusqu'à 1 430 milliards de dollars supplémentaires par an.
Marchés de capitaux et intégration régionale comme leviers
Pour accompagner cette mobilisation, les recommandations issues de Brazzaville insistent sur le développement des marchés de capitaux africains, une meilleure régulation financière, l'intégration régionale des systèmes de paiement, le renforcement des banques de développement nationales et la mobilisation des fonds de pension et souverains du continent. La BAD et le Forum économique mondial ont par ailleurs formalisé un partenariat pour débloquer les investissements dans les marchés émergents d'Afrique. Ces assemblées marquent ainsi un moment de prise de conscience collective sur la nécessité de transformer la dynamique du financement du développement africain.