L'Agence française de développement (AFD) a publié cette semaine son édition annuelle « L’Économie africaine 2026 », un rapport de référence qui analyse les grandes tendances économiques du continent. Sous le titre « La fragmentation en opportunités », l'édition 2026 examine comment la recomposition du commerce mondial — accélérée par les tensions géopolitiques et les politiques de démondialisation — crée des fenêtres d'opportunité inédites pour les économies africaines.
Une croissance africaine qui résiste, mais inégale
Le rapport confirme que l'Afrique devrait afficher une croissance moyenne de 4 % en 2026, soit un niveau supérieur à la moyenne mondiale. Cette performance globale masque toutefois de fortes disparités régionales. L'Afrique de l'Est tire son épingle du jeu avec 5,8 % de croissance, portée par l'Éthiopie et le Kenya. L'Afrique de l'Ouest affiche 4,4 %, tandis que l'Afrique centrale plafonne à 3,0 %, pénalisée par la dépendance aux hydrocarbures et les instabilités politiques.
La fragmentation, une opportunité à saisir
L'argument central du rapport est que la fragmentation des chaînes de valeur mondiales — due aux tensions commerciales entre grandes puissances — pousse de nombreuses entreprises à diversifier leurs approvisionnements. L'Afrique, avec ses ressources naturelles, sa jeunesse et son marché intérieur en croissance, se retrouve dans une position potentiellement favorable. Plusieurs secteurs sont cités comme porteurs : les minéraux critiques nécessaires à la transition énergétique (cobalt, lithium, graphite), le textile, et l'agro-alimentaire.
Des prérequis indispensables
Les auteurs du rapport soulignent que ces opportunités ne se concrétiseront que si les pays africains investissent massivement dans l'infrastructure logistique, améliorent leur climat des affaires et approfondissent l'intégration régionale prévue par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Sans ces réformes, le risque est que les flux d'investissement étrangers bénéficient davantage aux économies asiatiques ou d'Amérique latine, mieux connectées et réglementairement plus attractives.