Les premières pluies significatives ont commencé à arroser le plateau de l'Adamaoua en ce début juin 2026, annonçant officiellement le démarrage de la grande saison agricole et pastorale. Si cette arrivée des eaux est attendue avec soulagement par les éleveurs et les agriculteurs, elle s'accompagne cette année de préoccupations nouvelles liées au changement climatique et à la pression croissante sur les terres.
Des pluies attendues mais irrégulières
Les services météorologiques du Ministère de l'Agriculture et du Développement rural signalent que si les précipitations sont globalement au rendez-vous sur les hauts plateaux de l'Adamaoua, leur répartition reste très irrégulière. Certaines localités comme Ngaoundéré et Meiganga ont déjà reçu des quantités satisfaisantes, tandis que d'autres communes restent en déficit hydrique. Cette variabilité complique la planification des semis et la gestion des pâturages pour les éleveurs Mbororo.
La pression foncière comme facteur aggravant
Depuis plusieurs années, les couloirs de transhumance traditionnels se rétrécissent sous l'effet de l'extension des surfaces cultivées et de l'urbanisation. Les tensions entre agriculteurs sédentaires et éleveurs nomades restent un enjeu sensible que les autorités locales cherchent à gérer par la concertation. Des commissions de règlement des conflits agro-pastoraux ont été remis en activité dans plusieurs arrondissements pour anticiper les frictions de la saison.
Des appuis institutionnels pour accélérer la campagne
Le MINADER a annoncé la distribution de semences améliorées et d'intrants agricoles dans plusieurs communes de l'Adamaoua dans le cadre du Programme d'Appui à la Compétitivité Agricole (PACA). Des organisations paysannes locales se mobilisent également pour organiser des séances de vulgarisation agronomique. Malgré les difficultés, les perspectives de production paraîssent encourageantes pour les cultures vivrières comme le maïs, le haricot et la patate douce, piliers de l'alimentation locale.