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Politique

Éthiopie : Abiy Ahmed reconduit à l'issue des élections générales du 1er juin

Le 1er juin 2026, l'Éthiopie a organisé ses élections générales dans un contexte marqué par de profondes cicatrices internes. Quatre jours après le scrutin, les tendances se précisent et confirment la reconduction du Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019 dont le bilan divise profondément.

Un scrutin sous tension

Le vote s'est tenu dans la majorité des circonscriptions, mais des troubles sécuritaires ont perturbé le déroulement dans plusieurs régions, notamment en Oromia et en Amhara, où des milices et des groupes rebelles restent actifs. Ces zones, qui concentrent une part significative de la population éthiopienne, ont connu des difficultés logistiques et des incidents qui ont conduit à des reports locaux du scrutin.

La communauté internationale a appelé à des élections crédibles et transparentes, soulignant que le pays peine encore à tourner la page d'un conflit civil dévastateur. La guerre du Tigré, officiellement conclue par un accord de cessez-le-feu en novembre 2022, a laissé des séquelles profondes dans l'est et le nord du pays.

Un bilan contrasté pour Abiy Ahmed

Arrivé au pouvoir en 2018 sur une vague de réformes politiques et d'ouverture, Abiy Ahmed avait suscité un véritable espoir de renouveau démocratique. Son prix Nobel de la paix, décerné pour la réconciliation avec l'Érythrée, avait renforcé son aura internationale. Pourtant, les années suivantes ont été marquées par le conflit du Tigré, une répression des libertés civiles et des tensions ethniques persistantes.

À l'issue des élections, ses partisans mettent en avant la stabilité macroéconomique relative de l'Éthiopie et les chantiers d'infrastructures engagés, tandis que ses détracteurs dénoncent le musellement de l'opposition et les violations des droits humains documentées par plusieurs organisations internationales.

Les enjeux régionaux

Au-delà des frontières éthiopiennes, ce scrutin intervient dans un contexte régional tendu. Les relations avec la Somalie demeurent fragiles, Mogadiscio n'ayant pas renoncé à sa contestation du protocole d'accord signé entre Addis-Abeba et la région séparatiste du Somaliland. Cette querelle diplomatique, qui porte sur l'accès à la mer pour l'Éthiopie enclavée, mobilise les chancelleries de la Corne de l'Afrique.

Le résultat définitif des élections devrait être proclamé dans les prochains jours par la Commission électorale nationale, mais les grandes lignes de la composition de la future assemblée semblent déjà se dessiner en faveur du parti au pouvoir.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.