Le ministère camerounais de l'Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA) a lancé une vaste campagne de vaccination du chéptel dans les régions du Nord et de l'Adamaoua. Priorité est donnée à la lutte contre la péripneumonie contagieuse bovine et la fièvre aphteuse, deux maladies qui peuvent décimer les troupeaux lors des grandes transhumances de saison des pluies. Plusieurs dizaines de milliers de têtes de bétail sont ciblées dans un premier temps.
Un cheptel vital pour l'économie pastorale
Le Septentrion concentre l'essentiel du cheptel bovin camerounais, estimé à plus de six millions de têtes. Pour les communautés peules Mbororo et les éleveurs Arabes Choa, le bétail constitue l'essentiel du patrimoine familial et la principale source de revenus. Une épizootie non contrôlée peut anéantir des années de capitalisation et précipiter des familles dans la pauvreté. La vaccination est donc perçue non seulement comme un enjeu sanitaire, mais aussi comme une nécessité économique et sociale.
Des défis logistiques dans des zones reculées
Les agents vétérinaires déployés sur le terrain font face à des contraintes importantes : routes impraticables en début de saison des pluies, transhumance des troupeaux vers des zones parfois inaccessibles et, dans certains secteurs du Logone-et-Chari, des risques sécuritaires. Le MINEPIA a organisé des équipes mobiles dotées de motos et de glacières pour rejoindre les campements les plus éloignés. Des postes vétérinaires avancés ont également été renforcés à Garoua, Ngaoundéré et Maroua pour assurer la conservation de la chaîne du froid.
Vers une meilleure traçabilité du bétail
Parallèlement à la vaccination, le MINEPIA expérimente un système de marquage électronique des animaux dans le département du Faro, en partenariat avec un opérateur privé. Cette initiative vise à mieux tracer les mouvements du bétail, à réduire les vols — fléau persistant dans la région — et à faciliter l'accès aux marchés régionaux de Ngaoundéré et Garoua-Boulaï. À terme, une meilleure traçabilité devrait également permettre d'améliorer l'accès aux marchés d'exportation vers le Nigeria et la Centrafrique.