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Sécurité

Mali : la junte met à prix la tête d'Iyad Ag Ghaly et de plusieurs chefs jihadistes

Dans une démarche inédite depuis des décennies, les autorités de la junte malienne ont annoncé des primes substantielles pour toute information permettant la capture ou l'élimination d'Iyad Ag Ghaly, le chef historique du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), ainsi que d'autres responsables de la nébuleuse jihadiste sahélienne.

Iyad Ag Ghaly, une figure insaisissable

Ancien chef rebelle touareg reconverti au jihadisme, Iyad Ag Ghaly est considéré comme l'homme le plus recherché du Sahel. Fondateur du JNIM en 2017, organisation affiliée à Al-Qaïda, il a orchestré une série d'attaques meurtrières au Mali, au Burkina Faso et sur d'autres théâtres de la région. Malgré de nombreuses opérations militaires menées successivement avec le soutien des forces françaises de Barkhane puis des mercenaires russes du groupe Wagner, il est parvenu à se maintenir hors d'atteinte.

La prime annoncée par Bamako pour sa tête s'élèverait à plusieurs millions d'euros, selon des sources proches du dossier. Une somme destinée à mobiliser des informateurs au sein des communautés locales et à fragiliser les réseaux de soutien dont bénéficie le JNIM.

Dans le sillage des attaques du 25 avril

Cette annonce intervient dans le contexte direct des attaques du 25 avril 2026, qui ont constitué le séisme le plus brutal subi par l'État malien depuis 2012. En une seule journée, six villes ont été simultanément assiégées par une coalition inédite réunissant le JNIM et le Front de libération de l'Azawad (FLA). Ces attaques ont coûté la vie au ministre malien de la Défense et ont mis en lumière les failles béantes dans le dispositif sécuritaire de Bamako.

La mise à prix répond à une logique d'affichage politique autant qu'à une stratégie militaire concrète : la junte veut démontrer à la population qu'elle est capable d'initiative face à des adversaires qui semblaient jusqu'ici avoir le vent en poupe.

Une méthode qui fait débat

Certains analystes spécialisés dans les conflits sahéliens accueillent cette mesure avec scepticisme. Les primes de ce type ont rarement conduit à la capture de chefs jihadistes dans des environnements où ces derniers bénéficient d'un ancrage territorial profond et de complicités locales. D'autres y voient un signal envoyé aux communautés rurales : chaque information peut désormais avoir une valeur marchande.

La réponse des forces de l'Alliance des États du Sahel (AES) passe également par des frappes aériennes conjointes entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, confirmées début mai 2026 par l'état-major de la coalition. Mais l'efficacité de ces opérations sur le terrain reste difficile à évaluer indépendamment, dans un contexte de restriction sévère de l'accès à l'information dans les zones de conflit.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV — reformulation à vérifier avant publication.