L'Agence nationale de gestion des élections (ANGE) du Tchad a officiellement convoqué les scrutins législatifs et sénatoriaux partiels pour le 21 juin 2026 dans deux circonscriptions : la province du Hadjer-Lami pour un siège à l'Assemblée nationale, et la province du Chari-Baguirmi pour un mandat au Sénat. Ces élections doivent permettre de pourvoir des sièges devenus vacants suite à des décès et à des nominations à des postes internationaux.
Pourquoi ces sièges sont vacants
Dans le Hadjer-Lami, la vacance résulte du décès de la députée Haoua Outhman Djamé, qui représentait la circonscription de Haraz Al-Biar à l'Assemblée nationale. Sa disparition a privé la province d'une représentation à la chambre basse du Parlement tchadien, situation à laquelle l'élection partielle doit remédier. Au Sénat, c'est la nomination de la sénatrice Mariam Mahamat Nour au poste de vice-présidente de la Commission de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) qui a libéré le siège du Chari-Baguirmi. Sa désignation à cette haute fonction internationale est perçue comme une reconnaissance du rôle croissant du Tchad dans les instances régionales.
Campagne électorale et enjeux locaux
Les candidatures ont été déposées entre le 11 et le 15 mai 2026 auprès des antennes locales de l'ANGE, avec respectivement six candidats enregistrés pour le siège de Haraz Al-Biar et quatre pour le Chari-Baguirmi. La campagne électorale a débuté fin mai et s'achèvera la veille du scrutin. Dans un pays encore marqué par les turbulences politiques des années récentes, ces élections partielles revêtent une valeur symbolique : elles témoignent de la continuité du processus démocratique engagé sous la présidence de Mahamat Idriss Déby, qui a remporté la présidentielle d'avril 2024.
Le processus de normalisation institutionnelle se poursuit
Ces scrutins s'inscrivent dans la dynamique de consolidation des institutions tchadiennes amorcée depuis la transition de 2022. Le pays a adopté une nouvelle constitution en novembre 2023 et organisé des élections législatives générales au début de 2024. La tenue régulière d'élections partielles pour combler les vacances de mandats constitue un signe de maturité institutionnelle, même si de nombreux observateurs appellent à des garanties renforcées pour l'indépendance de la commission électorale et la transparence du scrutin dans des provinces parfois éloignées des grands centres de surveillance.