Lors de sa dernière session du Comité de politique monétaire, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a relevé ses prévisions de croissance pour la zone CEMAC à 3,8 % pour l'exercice 2026, contre 3,2 % enregistrés en 2025. Cette progression est portée principalement par la reprise des exportations pétrolières du Gabon et de la République du Congo, ainsi que par l'accélération des projets d'infrastructure au Cameroun et en Guinée équatoriale.
Le pétrole toujours locomotive, mais l'heure de la diversification sonne
Les hydrocarbures demeurent le principal moteur de la croissance en zone CEMAC, représentant encore environ 40 % des recettes budgétaires cumulées des six États membres. La remontée progressive des cours du baril depuis début 2026 a offert une bouffée d'oxygène aux trésoreries nationales, permettant au Gabon et à la République du Congo de rembourser une partie de leurs arriérés intérieurs. Toutefois, les économistes de la BEAC soulignent que cette dépendance aux matières premières reste une vulnérabilité structurelle majeure face aux chocs externes.
Le Cameroun en locomotive de la diversification régionale
Le Cameroun, économie la plus diversifiée de la zone, affiche une croissance de 4,1 % en 2026, soutenue par son secteur agricole — cacao, café, palmier à huile — et par le développement progressif de son tissu industriel à Douala et Kribi. Le port en eau profonde de Kribi, dont la deuxième phase d'extension est en cours, s'affirme comme un hub logistique de référence pour l'Afrique centrale. Le gouvernement camerounais mise également sur le numérique et les services financiers pour élargir son économie au-delà des ressources extractives.
Les défis de la convergence et de la coopération monétaire
Malgré ces indicateurs positifs, la zone CEMAC fait face à des tensions sur ses réserves de change, qui restent en deçà du seuil recommandé de cinq mois d'importations dans certains pays membres. La BEAC maintient une politique monétaire prudente, avec un taux directeur stable, pour contenir l'inflation importée, notamment sur les produits alimentaires et énergétiques. Les États membres sont encouragés à accélérer leurs programmes de réformes structurelles, conditions posées par le FMI pour le renouvellement des accords de financement en cours dans plusieurs capitales de la sous-région.