Avec près de 120 000 réfugiés nigérians enregistrés, le camp de Minawao, dans le département du Mayo-Tsanaga, demeure l'une des plus grandes concentrations de déplacés d'Afrique centrale. Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) intensifie depuis le début du mois de juin 2026 son programme de rapatriement librement consenti, en coordination avec les autorités camerounaises et nigérianes.
Un programme de retour qui s'intensifie
Selon des sources humanitaires régionales, entre 400 et 600 familles ont été assistées dans leur retour au Nigeria chaque mois depuis janvier 2026. Le HCR fournit un kit de réintégration comprenant des vivres, du matériel agricole et un appui financier ponctuel pour les premiers mois de réinstallation. L'organisation travaille également à sécuriser des couloirs de transit à travers les zones de Mayo-Sava et du Logone-et-Chari. Les autorités de Maroua ont réaffirmé leur engagement à faciliter ce processus dans le respect de la dignité des personnes concernées.
Les défis sécuritaires persistent au Nigeria
Malgré la réduction des activités de Boko Haram et de l'ISWAP dans le Nord-Est nigérian, de nombreuses zones d'origine des réfugiés restent marquées par l'insécurité résiduelle. Des incidents armés sporadiques continuent d'être signalés dans les États de Borno, Yobe et Adamawa, retardant l'accès aux villages d'origine pour une partie des candidats au retour. Le HCR souligne que le rapatriement reste strictement volontaire et conditionné à une évaluation individuelle de la sécurité. Les familles ayant des enfants en âge scolaire, intégrés dans les classes bilingues du camp, hésitent davantage à partir avant la fin de l'année scolaire.
Minawao entre fermeture programmée et réalité du terrain
Le gouvernement camerounais a plusieurs fois évoqué l'objectif de fermeture progressive du camp à l'horizon 2027-2028. Mais les acteurs humanitaires préviennent qu'une fermeture précipitée, sans conditions de sécurité durables au Nigeria et sans solutions d'intégration locale pour ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent pas rentrer, risquerait d'exacerber la vulnérabilité dans une région déjà fragile. Des discussions sont en cours avec les bailleurs de fonds internationaux pour maintenir un financement humanitaire adéquat jusqu'à la clôture complète du site.