Près de trois ans après le coup d'État du 30 août 2023 qui a renversé Ali Bongo Ondimba, la transition politique gabonaise entre dans une phase décisive. Le général Brice Oligui Nguema, président de la Transition, a réaffirmé devant les membres du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) la tenue d'un référendum constitutionnel avant la fin de l'année 2026, préalable à l'organisation d'élections générales.
Une feuille de route précisée
La future constitution soumise au vote populaire devrait consacrer les limites de mandats présidentiels, renforcer les pouvoirs du parlement et encadrer les conditions d'éligibilité pour les hautes fonctions. Les travaux de la commission constitutionnelle, composée de juristes, de représentants de la société civile et de délégués des partis politiques, se sont poursuivis ces derniers mois. Plusieurs dispositions encore en discussion concernent la question de la double nationalité des candidats et la protection des droits des minorités ethniques.
Les tensions entre ambition réformatrice et contrôle militaire
L'opposition gabonaise, en partie reconstitute après la libération de nombreux détenus politiques en 2024, demande des garanties sur la neutralité des institutions électorales et sur la non-candidature d'Oligui Nguema lui-même aux prochaines présidentielles. Sur ce dernier point, le chef de la transition n'a pas encore tranché publiquement, nourrissant des interrogations sur la nature réelle de la démocratisation en cours. La communauté internationale, notamment l'Union africaine et l'Union européenne, scrutent l'évolution du processus.
Un modèle singulier en Afrique centrale
Contrairement aux transitions sahéliennes du Mali, du Burkina et du Niger qui ont affiché une rupture nette avec les partenaires occidentaux, la transition gabonaise maintient des liens étroits avec la France et les institutions financières internationales. Libreville a négocié un programme d'appui du Fonds monétaire international et s'emploie à préserver sa crédibilité sur les marchés obligataires. Ce positionnement singulier pourrait faire du Gabon un test pour les modèles de transition en Afrique centrale.