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Économie

Zones économiques spéciales : le nouveau pari industriel de l'Afrique de l'Ouest

Industrialisation Afrique de l'Ouest zones économiques spéciales

Dans un contexte de fragmentation des échanges mondiaux et de recherche accélérée de chaînes d'approvisionnement alternatives, l'Afrique de l'Ouest voit ses zones économiques spéciales (ZES) monter en puissance. Plusieurs pays de la région ont fait de ces espaces dédiés à l'investissement privé et à la transformation industrielle un axe central de leur stratégie de croissance pour la période 2026-2030. Le rapport annuel de l'Agence française de développement (AFD) publié en juin 2026 qualifie la fragmentation commerciale mondiale de « risque et opportunité » pour le continent africain, soulignant que les pays disposant d'une infrastructure industrielle organisée seront les mieux placés pour capter les flux de délocalisation.

La Côte d'Ivoire en pointe dans la sous-région

Abidjan multiplie les investissements dans sa zone franche industrielle et dans le pôle de San Pedro, port d'exportation des matières premières en cours de transformation en véritable hub logistique. La Côte d'Ivoire a attiré plus de 2,1 milliards de dollars d'investissements directs étrangers en 2025, dont une part croissante dans les secteurs de l'agro-industrie et de l'emballage. Le gouvernement Ouattara a lancé un programme de formation professionnelle ciblé sur les métiers de l'industrie légère, visant à disposer de 250 000 techniciens qualifiés supplémentaires d'ici 2028.

Le Sénégal et le Togo à la course

Le Sénégal, porté par les revenus nouveaux de l'exploitation du gaz naturel de Sangomar, investit massivement dans le développement de Dakar Technopole et dans une zone économique spéciale dédiée à la transition énergétique. Le Togo, de son côté, a fait de la zone franche de Lomé et du port en eaux profondes de Lomé Container Terminal les pivots de son positionnement logistique régional. Les autorités de Lomé ont négocié avec plusieurs groupes asiatiques et européens l'implantation d'unités de production à haute valeur ajoutée dans les secteurs pharmaceutique et électronique.

Les conditions d'un décollage industriel durable

Les experts de la Banque africaine de développement rappellent que la réussite des ZES repose sur un triptyque indissociable : une offre énergétique fiable et compétitive, une connectivité numérique de qualité et un système de formation professionnelle calibré sur les besoins des investisseurs. Sans ces trois piliers, les incitations fiscales seules ne suffisent pas à retenir les capitaux. La région Afrique de l'Ouest devra également surmonter les tensions commerciales internes liées à la crise CEDEAO-AES pour présenter aux investisseurs un marché intégré crédible.

⚠️ Article rédigé par la rédaction de Le Sahel TV.