L'Afrique du Sud a officiellement lancé l'utilisation du lénacapavir, un traitement préventif contre le VIH présenté comme une avancée majeure dans la lutte contre le sida. Administré par injection deux fois par an seulement, ce médicament suscite de grands espoirs dans un pays parmi les plus touchés au monde par l'épidémie.
Une prévention quasi infaillible
Le lénacapavir est une forme de prophylaxie pré-exposition, ou PrEP, c'est-à-dire un traitement destiné aux personnes séronégatives mais exposées à un risque élevé de contamination. Sa particularité tient à son mode d'administration : une seule injection tous les six mois, là où les solutions existantes imposent souvent une prise quotidienne.
Les essais cliniques ont mis en évidence une efficacité proche de 100 % pour prévenir la transmission du virus chez les personnes à haut risque. Cette simplicité d'usage pourrait lever l'un des principaux obstacles à la prévention : l'observance, c'est-à-dire le respect rigoureux et continu d'un traitement.
Un enjeu de santé publique considérable
Le déploiement intervient dans un pays où plus d'un habitant sur dix vit avec le VIH, soit environ huit millions de personnes. Pour les autorités sud-africaines, l'arrivée de cet outil représente un signe d'espoir et un possible tournant dans les stratégies de prévention de long terme.
Pour cette première phase, un peu moins de 40 000 doses ont été réparties dans plusieurs centaines de cliniques à travers le pays. Le traitement est introduit en parallèle au Brésil, dans le cadre de partenariats internationaux visant à élargir l'accès aux populations les plus exposées.
Le défi du financement et de l'accès
Si l'innovation est saluée, sa généralisation reste suspendue à la question des coûts et des financements, dans un contexte de tensions sur l'aide internationale à la santé. Les acteurs de la lutte contre le sida plaident pour une production locale et des prix abordables, condition indispensable pour que le lénacapavir bénéficie au plus grand nombre sur le continent africain, où se concentre l'essentiel des nouvelles infections.
L'enjeu dépasse l'Afrique du Sud : la réussite de ce déploiement pourrait servir de modèle pour d'autres pays confrontés à une épidémie persistante.