Le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) vient de publier son rapport de situation no 64 sur la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, couvrant la période janvier-mars 2026. Le document dresse un tableau préoccupant : neuf incidents liés aux engins explosifs improvisés (EEI) ont été enregistrés sur le seul premier trimestre, contre deux pour la même période en 2025, soit une multiplication par plus de quatre.
Une multiplication des incidents à l’explosif
Les attaques attribuées aux groupes armés non étatiques (GANE) ont visé des axes routiers et des marchés hebdomadaires dans les départements du Lac-Tçhad et du Logone-et-Chari. Deux écoles et quatre centres de santé intégrés ont été cibles d’attaques, selon l’OCHA, aggravant des besoins humanitaires déjà criants. Les forces de défense camerounaises multiplient les opérations de ratissage dans les zones frontalières avec le Nigeria et le Tçhad.
Plus de 15 300 déplacés en un trimestre
La détérioration du contexte sécuritaire a contraint plus de 15 300 personnes à fuir leurs localités d’origine entre janvier et mars 2026. Ces déplacements s’ajoutent à un stock de populations déplacées internes déjà considérable, et mettent sous pression les capacités d’accueil des villes de Mora, Maroua et Kousséri. Les acteurs humanitaires peinent à accéder à certaines zones classées « à risque élevé ».
Une crise aux dimensions multiples
Au-delà de la sécurité, l’OCHA souligne une accumulation de crises : insécurité alimentaire, malnutrition infantile aigüe et détérioration des moyens d’existence agricoles et pastoraux. La région de l’Extrême-Nord reste parmi les zones les plus vulnérables du bassin du Lac Tçhad. L’OCHA appelle les partenaires à maintenir leur présence et à renforcer les financements pour la réponse humanitaire dans la région.