Le Cameroun vient de lancer une opération de mobilisation de 276 milliards de FCFA destinés à la construction de 300 mini-réseaux d’adduction d’eau potable dans les zones rurales des régions du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua. L’objectif est de fournir à l’horizon 2030 un accès durable à l’eau potable à plus d’un million de Camerounais vivant en milieu rural, dans des zones où le taux d’accès à l’eau courante reste parmi les plus faibles du pays.
La Banque mondiale co-finance au moins 100 réseaux
La Banque mondiale, selon les ministères de l’Économie et de l’Eau, s’est engagée à financer la construction d’au moins 100 mini-réseaux dans les trois régions septentrionales. Chaque installation reposera sur un système de pompage solaire et de distribution géré par des comités villageois formés à cet effet, avec un modèle de tarification solidaire visant les ménages les plus vulnérables. La production journalière totale attendue, une fois le programme achevé, est de 41 000 m³ d’eau par jour.
Un déficit chronique à combler
Dans l’Extrême-Nord, seules 39 % des populations rurales bénéficient d’un point d’eau amélioré, selon les données du MINEE. Des femmes et des jeunes filles parcourent parfois plusieurs kilomètres quotidiennement pour s’approvisionner aux réserves traditionnelles, souvent contaminées. L’OMS estime que l’amélioration de l’accès à l’eau propre pourrait réduire de 30 % les cas de maladies hydrique dans la région.
Un projet inscrit dans le plan de développement 2026
Ce programme s’inscrit dans la stratégie globale de mobilisation de 1 650 milliards de FCFA annoncée par le gouvernement camerounais pour financer ses projets prioritaires en 2026. Les travaux des premiers mini-réseaux devraient débuter dès le second semestre 2026, dans les localités les plus encalminées du département du Diamaré et de la Benoue.