Dans la région de l’Adamaoua, reconnue comme le grenier laitier du Cameroun, le centre d’élevage de Wakwa engage une mutation technologique majeure. L’établissement, placé sous la tutelle du ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), est désormais doté d’une unité de production de semences bovines capable de générer 500 doses par an, ainsi que 300 embryons, destinés à alimenter les programmes d’insémination artificielle sur une population cible de 276 000 vaches à l’échelle nationale.
Une production laitière en nette progression
Les premiers effets de l’introduction de géniteurs de haute valeur génétique se font déjà sentir sur le terrain. Des élevages pilotes de la région ont enregistré une hausse de la production laitière pouvant atteindre 75 %, selon des données collectées par l’Investir au Cameroun. Cette progression est attribuée à l’arrivée de vaches issues de croisements améliorant les performances zonotechniques des troupeaux locaux, traditionnellement constitués de zébus Goudáli peu productifs en lait.
Un plan d’envergure pour la sécurité alimentaire
L’objectif à terme est de doubler la production laitière nationale d’ici 2030, réduisant la dépendance aux importations de lait en poudre qui pèse lourdement sur les réserves en devises. Le centre de Wakwa doit former, en partenariat avec des structures universitaires, une nouvelle génération de techniciens en élevage capables de déployer l’insémination artificielle dans les départements remontés du Vina, du Djerem et du Faro-et-Déo. Le MINEPIA a inscrit cette initiative dans son budget programme 2026–2028.