Créée par décret présidentiel le 4 mai 2026, la Société camerounaise d’électricité (SOCADEL) a officiellement pris en charge la gestion du secteur électrique après le rachat par l’État camerounais de 95 % des parts du groupe britannique Energy of Cameroon (ENEO). Cette transition marque un tournant majeur dans la politique énergétique du pays et soulève des attentes considérables dans les régions septentrionales, historiquement sous-desservies.
Un héritage énergétique à consolider
La région du Grand-Nord repose essentiellement sur le barrage de Lagdo, unique infrastructure de production d’énergie dans la partie septentrionale du Cameroun. Des travaux de réhabilitation de cet ouvrage, qui alimente les régions du Nord, de l’Adamaoua et en partie de l’Extrême-Nord, étaient attendus depuis plusieurs années. La SOCADEL en a fait l’une de ses priorités opérationnelles immédiates pour l’exercice 2026.
L’ambition d’un réseau unifié
L’un des chantiers stratégiques les plus ambitieux de la nouvelle société d’État est la connexion du réseau électrique du Grand-Nord à celui du Sud du pays. Actuellement, les deux réseaux fonctionnent de façon isolée, ce qui limite les capacités de redistribution en cas de surplus ou de déficit local. L’interconnexion renforcerait la résilience énergétique nationale et permettrait à terme de développer l’industrie légère dans les régions septentrionales.
Des enjeux sociaux et économiques majeurs
L’accès fiable à l’électricité reste un défi considérable dans le Grand-Nord, où les coupures fréquentes pénalisent les petites entreprises, les établissements scolaires et les structures sanitaires. La reprise en main par l’État suscite des espoirs, même si des observateurs soulignent la nécessité d’un financement adéquat et d’une gestion transparente pour que la SOCADEL tienne ses promesses dans un secteur longtemps marqué par les déficits d’investissement.