Le ministère des Travaux publics du Cameroun s’est engagé à livrer près de 476 kilomètres de nouvelles routes en 2026. Parmi les projets phares figurent le corridor Maroua-Bogo-Pouss, la réhabilitation complète du tronçon Ngaoundéré-Garoua et l’ouverture de nouvelles voies vers les zones frontalières du Logone et Chari. Ces chantiers s’inscrivent dans une stratégie de désenclavement du Grand-Nord, une région dont les infrastructures ont longtemps accusé un retard structurel.
Le corridor Maroua-Bogo-Pouss : un axe commercial vital
L’axe Maroua-Bogo-Pouss est l’une des routes les plus emprunтées de l’Extrême-Nord pour le commerce transfrontalier avec le Tchad et le Niger. Sa réhabilitation, inscrite au programme 2026 du ministère, doit fluidifier le transport des marchandises agricoles et réduire les coûts logistiques pour les opérateurs économiques locaux. Les populations riveraines espèrent également une amélioration de l’accès aux marchés et aux centres de santé.
L’extension ferroviaire Ngaoundéré-Ndjaména, un projet structurant
La Banque mondiale a prêté 181 milliards de francs CFA pour financer, entre autres, l’extension du chemin de fer Ngaoundéré-Ndjaména. Ce projet, s’il se concrétise, relierait l’Adamaoua à la capitale tchadienne via le Septentrion, transformant la région en un corridor de transit stratégique pour l’Afrique centrale enclave. Les discussions entre les gouvernements camerounais et tchadien sur le tracé définitif et les modalités de financement sont en cours.
Des obstacles à surmonter
Malgré les engagements officiels, plusieurs observateurs pointent les contraintes budgétaires de l’État camerounais, les dettes accumulées vis-à-vis des entreprises du BTP et l’insécurité dans certaines zones frontalières comme autant de risques susceptibles de retarder l’exécution des chantiers. Le MINEPAT, qui a conduit une mission dans le Septentrion en mai 2026, a toutefois réaffirmé la volonté du gouvernement de faire du Grand-Nord un laboratoire de l’import-substitution et du développement à base locale.