L’Alliance des États du Sahel (AES), qui regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a annoncé la création d’une banque confédérale dotée d’une capitalisation initiale de 500 milliards de francs CFA, soit environ 895 millions de dollars. Cette institution est présentée comme l’un des piliers de la souveraineté économique de la Confédération du Sahel, dont la construction institutionnelle se poursuit en 2026.
Une institution au cœur du projet confédéral
La banque confédérale est appelée à financer des projets d’infrastructure, de sécurité et de développement agricole dans les trois pays membres. Ses concepteurs la présentent comme une alternative aux institutions financières occidentales et aux conditions du Fonds monétaire international, auxquelles les gouvernements des juntes militaires au pouvoir à Bamako, Ouagadougou et Niamey sont de plus en plus réticents. L’institution devrait également soutenir le commerce intra-sahélien.
Des finances publiques sous tension
Malgré les annonces, plusieurs économistes s’interrogent sur la réalité de la capitalisation. Les trois États membres de l’AES font face à des budgets nationaux très contraints, grevés par les dépenses militaires liées aux conflits contre les groupes ji-hadistes. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger figurent parmi les pays les plus pauvres du monde. La dépendance économique vis-à-vis des partenaires extérieurs reste structurelle et difficile à rompre à court terme.
L’année 2026, période test
Alors que la conférence APSACO 2026 tenue à Rabat a remis en lumière les tensions entre l’AES et la CEDEAO, l’année en cours est présentée par des analystes comme décisive pour mesurer la viabilité du projet sahélien. La désignation de l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté comme négociateur en chef de la CEDEAO auprès de l’AES illustre que, malgré la rupture officielle, des canaux de dialogue subsistent. La balle est dans le camp des trois capitales sahéliennes pour démontrer que leur projet commun est économiquement soutenable.