Une nouvelle donne s’ouvre pour le désenclavement du Grand-Nord camerounais et du Sahel central. Selon des informations confirmées par la Direction générale du Trésor français dans son bulletin économique de la semaine du 8 au 12 juin 2026, les Émirats arabes unis — via leur opérateur national Etihad Rail — ont officiellement intégré le groupement des partenaires du corridor ferroviaire Tchad-Cameroun. Cette entrée emboite le pas aux engagements antérieurs de la Banque africaine de développement et de l’Union européenne sur ce chantier stratégique.
Un axe structurant pour toute la sous-région
Le corridor ferroviaire Tchad-Cameroun vise à prolonger la ligne existante Douala-Ngaoundéré jusqu’à Ndjaména, en traversant les régions de l’Adamaoua et du Grand-Nord. Long de près de 1 400 kilomètres au total, cet axe permettrait d’acheminer à moindre coût des marchandises (coton, bétail, minerais) et des passagers entre l’océan Atlantique et l’hinterland sahélien, réduisant la dépendance aux routes souvent impraticables en saison des pluies.
L’expertise ferroviaire émiratienne au service de l’Afrique
Etihad Rail, qui exploite le réseau ferré national des Émirats arabes unis long de 900 kilomètres, apporte son expérience dans la conception et la gestion de réseaux fret en milieu aride et semi-aride — une expertise particulièrement adaptée aux conditions du Sahel. L’opérateur est pressenti pour contribuer à l’ingénierie du tronçon Ngaoundéré-Garoua-Maroua et pour explorer l’intérêt d’un cofinancement en partenariat public-privé.
Des répercussions attendues sur l’économie du Septentrion
Pour les économistes spécialistes de la région, l’entrée d’un acteur comme Etihad Rail envoie un signal fort aux autres investisseurs potentiels. Le Septentrion camerounais espère tirer parti de ce corridor pour dynamiser ses exportations de coton, de gomme arabique et de produits de l’élevage. À terme, le chemin de fer réduirait de 40 à 60 % les coûts de transport entre Maroua et Douala, selon les estimations des études de faisabilité. Les négociations entre les gouvernements camerounais et tchadien et leurs partenaires se poursuivent pour finaliser le montage financier du projet.